Conseil des Tilleuls animé par Amina – 13 Janvier 2014

I- Déroulé

  1. Tour de table complet pour présentation de chacun des membres du conseil. Environ 24 personnes présentes, dont de nombreuses personnalités fortement impliquées au sein de la cité. A noter la présence de nombreux jeunes (< 25 ans).

Lors de la présentation, nombreux sont les habitants à affirmer les attentes ou les espoirs qu’ils placent dans ces rencontres. Avant tout se dégage une volonté forte d’être écouté, mais surtout entendu, compris. Certains expriment une légère méfiance, d’autres pointent le risque de n’aboutir à rien. Issa notamment dit être prêt à “prendre le temps”, mais refuser de “perdre son temps”.

Exemples de personnes présentes :

  • Issa, 29 ans : éducateur au service jeunesse, président de la maison de quartier des Tilleuls (cf fiche rencontre)
  • Ginette, 61 ans : pilier du service jeunesse de la municipalité, “grande bouche” de la cité
  • Albert, 65 ans : président de l’amicale des locataire des Tilleuls, syndicat CGT et prêtre ouvrier (cf fiche rencontre)

2) Amina termine le tour de table, en réaffirmant rapidement les objectifs et les attendus de ce cycle de conseils. Ici, la méthode coué s’impose, et les mots clés de la “démocratie participative idéale” s’imposent dans le discours : “être à l’écoute, travailler ensemble, faire avancer cette ville, prendre la bonne direction”. Une déclaration de principe donc, mais finalement très peu de balises méthodologiques posées pour orienter les habitants sur les moyens de parvenir à diagnostiquer les problèmes et à dégager des solutions ou des projets.

3) Amina ouvre le CDQ en posant une question relativement abrupte : “quels sont les problèmes que vous rencontrez ? Problèmes comme la sécurité notamment” alors que le chef de la police municipale se trouvait à sa droite. On embraye donc sur la question de la sécurité, avec notamment de nombreux constats d’agressions aux abords de la zone commerciale.

4) Mr. Beyssac, chef de la police municipale, fait donc un point complet sur l’avancée de la politique de sécurité de la ville. Outre la mise en place de la vidéo-protection, qui fut l’un des points phares du programme municipal de M. Meignen, il appuie sur le recrutement à terme de 20 agents + 10 ASVP. Déjà, son équipe a réalisé environ 300 interventions depuis septembre dernier. Employant la métaphore de “toile d’araignée” pour désigner l’élargissement progressif du champ d’action de ses agents, il pondère néanmoins la dimension “sécuritaire” de sa mission : pour lui, pas question que les agents se comportent en “cow-boys”, ils doivent au contraire se montrer proches des habitants en mettant “au coeur de leur mission la prévention et le dialogue”. (cf son portrait en page 20 du journal local n°9).

5) Sans nul doute, les problèmes de circulation, de stationnement et de voirie se trouvent au coeur des préoccupations quotidiennes des blanc-mesnilois. Sujet central dès le commencement des CdQ, ces problèmes ont de nouveau fait surface pour occuper une grande partie des débats de ce jour. C’est notamment sur ce point que la population attend la police municipale au tournant, espérant que celle-ci soit à-même de régler ces “incivilités récurrentes”, source de tension et de perturbations pour tout un chacun.

6) Les habitants ont ensuite passé une heure environ à dégager les thématiques qui occuperont les différentes commissions, sous-groupes des CdQ constitutés de volontaires parmi les membres siégeant au CdQ. Ces commissions sont :

  • sécurité
  • aménagement et urbanisme
  • mieux vivre ensemble nter-générationnel
  • éducation, citoyenneté

On note la redondance possible entre les commissions 3 et 4, pour lesquelles il sera intéressant de comparer les diagnostics et les propositions.

Concernant la constitution des commissions, chaque citoyen a souhaité participer à au moins deux d’entre elles, illustrant leur curiosité, leur motivation et leur volonté d’être associés aux propositions. Chaque commission a désigné un secrétaire/rapporteur chargé de rendre compte des travaux réalisés. Les commissions se réuniront une à deux fois entre chaque CdQ, suivant un calendrier défini collectivement à la fin de la séance.

7) Terminé à 20h30, le CdQ s’est poursuivi autour du buffet mis en place par la mairie dans cette même salle du conseil municipal. Pour les habitants, il a été le lieu de poursuite des présentations, d’approfondissement des échanges. A coup sûr, cet espace d’interaction moins formel et organisé rend possible une libération d’une parole plus apaisée car moins publicisées : il est le lieu de renforcement du lien social, de la construction de la confiance, éléments nécessaires à la reconnaissance des membres par le groupe.

Remarques

Le fait est que les conseils gravitent pour le moment principalement autour de préoccupations matérielles telles que le stationnement et la voirie. On pourrait considérer ces thèmes aux antipodes de “véritables préoccupations démocratiques”, qui devraient transcender les irritations individuelles. On a d’ailleurs observé rapidement l’agacement de certains membres du conseil (notamment les plus jeunes pour ces questions qui semblaient secondaires, sinon contingentes).

Dans ce contexte, parvenir à dépasser la seule dénonciation stérile de ces problèmes structuraux (qui dépendent tout autant du manque d’espace urbain disponible que de la multiplication des véhicules au sein des foyers), afin de trouver des solutions innovantes et ludiques (signalisation, prévention) s’articulant en parallèle des mesures répressives conduites par les forces de police (amende, retrait de points) sera une gageure.

Aider à l’émergence d’une “conscience citoyenne”, par delà les problèmes localisés des résidents (certains s’interrogeant même sur la pertinence de travailler avec des résidents éloignés de leur domicile), constituera donc une condition de la réussite de ces conseils.

La dimension méthodologique des conseils de quartiers (CDQ) pourrait être sujette à questionnement : en effet, dans quelle mesure l’élu doit-il baliser le travail des conseillers, notamment en ce qui concerne les étapes que doivent suivre les commissions, le format du rendu, les attendus en matière de propositions concrètes ? Ici, le choix a été fait de laisser une liberté totale aux habitants de faire émerger les thèmes qu’ils souhaitent traiter et de s’organiser pour les commissions

Le lieu du Conseil municipal, choisi pour la tenue de l’ensemble des conseils de quartier, donne un certaine forme de solennité au moment. La répartition concentrique des membres du conseils, ainsi que la présence de micro, impriment une certaine distance entre les personnes, qui se soumettent parfois difficilement à la prise de parole en public. Difficile exercice que celui de se présenter devant une assemblée, de faire valoir ses intérêt ou de proposer des sujets de débat. Nous avons notamment remarqué que les habitants ne se contente pas de se présenter, mais qu’ils veulent exprimer immédiatement leurs problèmes, de peur de ne pas être entendus, de ne pas avoir le temps d’exprimer leurs sentiments plus loin dans le conseil. Il est doncpeut-être plus cohérent de tenir les CdQ au sein des quartiers eux-mêmes.

Selon nous, chaque conseil devrait être suivi, pour celles et ceux qui le souhaitent, d’un temps off, autour d’un buffet ou d’un verre. Ce moment semble être la condition nécessaire pour faciliter les rencontres et les échanges.