Petit guide de la participation 1 – Sous quelle forme ? –
On peut distinguer trois degrés de participation : l’information, la consultation, et le partage de la décision, qui peut reposer soit sur une logique purement politique, soit sur l’idée que les habitants détiennent une forme d’expertise utile, qu’on nomme « savoirs d’usage ». Une participation vraiment aboutie suppose d’accepter de partager la décision finale avec les participants. Ils seront d’autant plus actifs dans la démarche qu’ils auront le sentiment que leur avis aura un impact sur le processus décisionnel.
Il existe une multitude de dispositifs participatifs : conseils, jurys, assemblées, etc. Choisir la forme appropriée implique d’abord de se poser deux questions :
– Quelle place donner à la représentativité des acteurs ? Comment concilier principe représentatif, au fondement de la légitimité dans notre démocratie, et principe participatif ?
On distingue généralement trois types de participants : les « mini-publics » tirés au sort, parfois parmi des catégories « représentatives » de la population ; les associations ; les parties-prenantes. Chacun possède une légitimité qui lui est propre, et qui diffère de la légitimité représentative bien qu’elle n’en soit pas non plus totalement disjointe.
– Quel est l’objectif du dispositif ? Si le but est avant tout la paix sociale, par exemple, les formes de décision par consensus doivent être privilégiées. S’il s’agit plutôt de répondre à une logique d’empowerment et de justice sociale, il faudra surtout chercher à faire participer les personnes les plus éloignées du processus politique traditionnel.
Le pouvoir politique peut être tenté d’instrumentaliser les dispositifs participatifs au service d’une stratégie de communication, ou d’un transfert de responsabilité politique. Par exemple, il peut avoir pour objectif de faire accepter un projet économiquement contestable par un organe participatif, afin de diluer sa propre responsabilité. Un autre cas de figure typique est celui d’un élu qui crée un dispositif sans aucun impact décisionnel réel, uniquement pour donner l’impression de « faire du participatif ». Cependant les participants ne sont jamais dupes de ces stratagèmes, et la crainte de se faire instrumentaliser pourrait même les conduire plutôt à une méfiance excessive –mais justifiée par l’histoire des dispositifs participatifs en France…