Petit guide de la participation 2 – Les bases méthodologiques –
Pour créer une véritable discussion, il est d’abord nécessaire de parler le même langage.
Au départ, acteurs administratifs et habitants ne parlent pas la même langue, ils ne donnent pas le même sens aux mots. La première règle méthodologique consiste donc à éliminer tout jargon professionnel et faire l’effort nécessaire pour décrypter ce qui fait sens dans les discours des habitants, notamment dans ce qui peu apparaître partiel ou peu précis.
En outre, le professionnel doit chercher à instaurer un véritable dialogue.
Le principe de la démarche participative implique d’éviter toute attitude dogmatique ou directive. Pour cela, les techniques d’animation socioculturelle s’avèrent indispensables.
Faire parler est plus important qu’expliquer, surtout lors de la prise de contact avec les habitants. Cela suppose que le professionnel n’entre pas dans la démarche avec un projet déjà défini avec la seule intention de le faire accepter par les participants. L’appropriation du projet par ces derniers suppose qu’ils aient eu le sentiment d’avoir réellement pu influer sur sa forme finale.
D’autre part, il est important d’expliciter les conflits ou oppositions entre les différents groupes d’habitants, et organiser un débat construit et productif. Nous ne sommes pas égaux devant la prise de parole : certains parlent mieux ou plus facilement, tandis que d’autres ont du mal à exprimer ce qu’ils ressentent ou ne se sentent pas suffisamment légitimes pour prendre la parole. C’est pourquoi utiliser des techniques telles que le bâton de parole ou le recours à un tiers neutre pour animer les débats en veillant à ce que tout le monde puisse s’exprimer peut s’avérer très utile.
S’appuyer sur les réseaux associatifs existants. Si la dynamique participative procédant des pouvoirs publics est la plus reconnue (tels les conseils de quartiers), l’expérience a montré qu’ « il ne suffit pas d’ouvrir des espaces institutionnels de participation pour qu’ils soient occupés » (Rapport Bacqué 2013). Souvent, les populations les plus discriminées et éloignées de la vie politique restent en dehors du jeu, car les pouvoirs publics ne disposent pas de moyens efficaces pour les atteindre, contrairement aux réseaux d’acteurs locaux (notamment les associations). Mais à l’inverse, les initiatives de type purement « grassroots» rencontrent beaucoup de difficultés à se pérenniser dans la durée si elles ne reçoivent pas un soutien institutionnel. Tout l’enjeu est donc de conjuguer ces deux dynamiques.
3- Dépasser la « délibération introuvable »