La question des permanences de Conseil de quartier
L’objectif de ce blog est de donner aux conseils de quartier, une prise de recul que ses acteurs n’ont pas. Je me propose ici de mettre en lumière une phrase relevée lors d’une Commission pour en faire ressortir, selon moi, toutes ses implications : la liberté de parole des conseillers est en effet, pour notre travail d’analyse, tout à fait pertinente.
« Ce dont on parle, nous, maintenant, c’est aussi ce qui remonte des permanences » ? Cette question, posée lors d’une Commission « sécurité » du Conseil de quartier centre, par un conseiller, m’a interpellé pour deux raisons. D’abord, parce qu’elle témoigne d’une rapide responsabilisation des conseillers de quartiers : ces derniers, qui ne représentent qu’une infirme partie d’une population de 50 000 habitants, veulent toutefois que ce qui soit dit « colle » avec non seulement leurs préoccupations, mais aussi celles de l’ensemble des Blanc Mesnilois. Ensuite, parce qu’elle révèle toute l’ambiguïté des conseils de quartiers : ce défaut de représentativité est aussi une force, puisqu’elle permet « l’efficacité » du débat. Il semble donc que le lien entre permanences et conseils de quartier soit un point sur lequel il faille s’attarder.
Les permanences des conseils de quartiers, organisées au Blanc Mesnil par roulement, le lundi, mardi et dimanche, sont tenues le plus souvent par des conseillers de quartier ou par les adjoints au maire en charge des conseils de quartier. Elles permettent un contact avec les habitants, et éventuellement de répondre à leurs inquiétudes et questionnements. Dans d’autres villes, les permanences de conseil de quartier sont aussi fortement institutionnalisées : en Ile de France, Issy Les Moulineaux, Versailles et même Rambouillet mettent en avant ces permanences pour appuyer leur conseil de quartier. Dans le Sud de la France, à Draguignan, les permanences de conseil de quartier ont été initiées il y a un mois, et permettront selon les termes d’un conseiller municipal, de « redonner la parole aux habitants ». Un événement qu’il nous faudra suivre de près. Les permanences de quartiers gagneraient donc à être institutionnalisées : ce qui a été dit et fait devrait être remonté systématiquement pourquoi pas dans les conseils de quartier ou commission, pour que toujours les conseillers de quartier puissent « coller » aux préoccupations des habitants. Un deuxième moyen enfin, a été exposé pour pallier ce manque de représentativité des conseils de quartier : des réunions publiques. L’adjointe au Maire Carmen Hernandez-Hersemeule, a pris cette initiative pour répondre à la frustration des habitants présents dans l’audience lors des conseils de quartier, qui ne sont pas autorisés à prendre la parole. Ces réunions devraient être mises en place sous peu
Ces différentes initiatives partent d’un constat assez général, qu’il faudra développer : les conseils de quartier ne sont pas « autosuffisants » d’un point de vue démocratique. S’ajoute à cette remarque une problématique de fond, liée à la conciliation entre efficacité du débat, pour trouver une solution aux problèmes posés, et transparence démocratique réelle.
